Le pouvoir des croyances : reconnaître et mettre à distance celles qui nous limitent.

Et d’ailleurs, c’est quoi une croyance ? « La croyance est le processus mental expérimenté par une personne qui adhère à une thèse ou une hypothèse, qu’elle considère comme vérité, indépendamment des faits ou de l’absence de faits, confirmant ou infirmant cette thèse ou hypothèse. » Pas de modèle scientifique, pas d’antithèse, la croyance est une certitude plus ou moins grande par laquelle un individu admet la vérité ou la réalité de quelque chose !
 
Les croyances sont constitutives de la personnalité et de la stabilité. C’est une gageure associée aux valeurs de la personne. A la naissance, nous sommes confrontés directement à notre environnement par nos 5 sens qui donnent des informations. L’information que je reçois subit des altérations et des déformations : il y a les filtres perceptifs, le bain social et culturel dans lequel j’évolue, et également les expériences vécues qui viennent affermir ou bousculer mes croyances. La construction mentale donne un fondement objectif aux croyances : « je crois que » en donnant une cohérence fondamentale et expérientielle à tout individu.
 
Cette réalité a des fondements objectifs qui donnent de la consistance et rassurent. Le point de vue que nous avons des choses est partiel. Quand on n’a pas les éléments, on développe des arguments subjectifs qui donnent des fondements objectifs. Nous avons besoin de développer une cohérence du monde. Pour pouvoir exister, il faut expliquer.
 
L’intuition est une stratégie cognitive, un raccourci cognitif.
 
La question de l’accompagnement des personnes dans le respect de cette constitution individuelle est donc fondamentale.
 
En tant que coach, je travaille sur les croyances limitantes uniquement si elles sont un frein pour atteindre l’objectif défini avec le coaché puisqu’elles font parties de sa construction identitaire et que je ne suis pas missionnée pour modifier son identité profonde.
 
Interroger les croyances, aider le coaché à se rapprocher de sa réalité évènementielle : le coach doit disposer d’un cadre de référence solide, conceptuel et opératoire pour faire travailler son coaché qui, lui, va avoir besoin de comprendre quel est ce regard qu’il a sur le monde et l’impact sur sa vie personnelle et professionnelle. La prise de conscience vient du coaché : comment je crois ce que je crois et comment je peux/veux travailler pour lever ses croyances qui l’empêche d’atteindre l’objectif défini conjointement.
 
Prenons un exemple : je reçois une personne qui, entre autre chose, me fait part de ses interrogations quant à l’évolution sociétale de la structure dans laquelle elle occupe un poste des ressources humaines. Elle me relate un échange qui dérange son système de valeurs en se demandant qui a tort qui a raison entre son collègue déterminé à faire valoir sa valeur au titre de la reconnaissance de ses pairs et ma coachée qui pense que le mérite ne se vend pas mais qu’il se voit et doit être récompensé et non réclamé. Elle reconnaît que cette valeur lui vient de sa culture familiale et elle ajoute : « d’ailleurs cela a plutôt bien réussi à tous les membres de ma famille depuis mon grand-père jusqu’à mes frères. Alors pourquoi il cherche à revendiquer sa valeur professionnelle alors que j’en fais 3 fois plus que lui et que je ne demande rien, moi ! »
 
Dans cet exemple, on est dans le schéma du système de valeurs individuelles qui crée une croyance qui devient bloquante pour ma coachée. Sa posture tant personnelle que professionnelle est nouée par cette valeur très forte du mérite et un besoin de reconnaissance de sa valeur travail.
 
La subtilité consiste à chercher, via une méthode de questionnement, l’expérience fondatrice qui lui permet de dire « cela a plutôt bien fonctionné pour tous les membres de ma famille », fonctionnement qui ne semble pas fonctionner dans ce contexte et qui, clairement, perturbe sa pensée. En revisitant ses expériences passées, on va explorer la fonction utile pour elle de cette croyance et mettre en évidence les valeurs qui sont les siennes et qui incarnent cette croyance. Les valeurs dans ce cas nourrissent un besoin de reconnaissance très ancré.
 
Il est important de rappeler les fondamentaux pour l’individu : la croyance que je considère comme vraie est celle qui me permet de faire le meilleur usage de ma force et qui me donne les meilleurs moyens de transformer mes qualités en action. Ma croyance est saine quand :
  • elle est fondée sur mon expérience,
  • elle est acceptable pour mon système cognitif,
  • elle m’aide à mieux obtenir ce que je souhaite (désir),
  • elle est un soutien de la vie, de l’évolution et de la santé,
  • elle me permet d’éviter les conflits ou les absences de conflit indésirables,
  • elle m’aide à ressentir la vie en moi,
  • elle est en accord avec mon système de valeurs et favorise mon auto-détermination.
Dans l’exemple cité, la croyance perturbe la personne au point de venir remettre en questions ses capacités à travailler dans l’entreprise, voire à être confortable dans la société d’aujourd’hui.
 
Selon le cadre de référence de l’analyse transactionnelle (E. Berne) ou encore la systémie brève, on s’intéresse à l’injonction afin de permettre, voire d’autoriser le changement. Une injonction constitue un ordre ou une interdiction transmise par une figure d’autorité. Elle peut être vécue comme une contrainte : un des axes du travail de coaching va permettre d’identifier ces contraintes, les drivers (sois fort(e), sois parfait(e), fais des efforts, dépêche-toi, fais plaisir), et de créer des permissions pour la personne concernée.
 
On trouve l’injonction, ensuite on travaille avec le coaché sur la logique interne et le système de valeurs : respecter son système de valeurs, alléger la charge et créer une ouverture acceptable. Il est fondamental de vérifier avec la personne concernée que cette nouvelle lecture est acceptable pour elle, que cette vision a un sens et qu’elle se sente respecter. Il s’agit avant toute chose de faire émerger une croyance ouvrante dans laquelle on réinjecte ses propres valeurs.
 
Selon une grille de lecture, chaque femme et chaque homme se cherche le droit à l’existence. Pour cela, l’humain va chercher à prendre conscience de ses sensations corporelles, de ses ressentis ou encore de ses sentiments. Parmi les permissions fondamentales, on trouve le droit d’exister, de réussir et d’être soi-même, et d’être heureux. Les croyances sont constitutives de ma personnalité et personne ne peut me dire d’en changer si ce n’est pour accompagner un changement significatif qui va permettre une nette amélioration pour l’ensemble de ma vie.
 
Bibliographie :
  • W. Schutz, L’élément humain,
  • E. Berne, Analyse transactionnelle et psychothérapie, et tous ses ouvrages,
  • J. Curnier, Coaching global,
  • G. Braden, la guérison spontanée des croyances,
  • B. Lipton, la biologie des croyances.

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